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Le pouvoir des étiquettes

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Le pouvoir des étiquettes

"Je suis faible", "je suis peureuse", "je suis timide", "je suis lent", "je suis bon à rien", "je suis bête", "je suis distraite", "je suis colérique", "je suis surdouée", "je suis menteur", etc

Aujourd'hui, je voudrais aborder avec vous la question des étiquettes.

Les étiquettes, celles que nous portons nous adultes qui nous ont été attribuées quand nous étions enfants, et celles que nous donnons aux autres, en particulier à nos enfants, sans nous en rendre compte...

Une étiquette, ça colle, c'est bien ça tout le problème. Et parfois, si on n'y prend pas garde, ça peut coller toute la vie.

Quand nous disons de notre enfant qu'il est timide ou qu'il est distrait, qu'il est lent, ou qu'il est colérique, qu'il est menteur ou qu'il est faible, nous l'enfermons dans un comportement que nous généralisons. L'enfant, parce qu'il nous croit et qu'il est impensable pour lui que nous nous trompions ou que nous lui mentions, risque de penser de lui-même : "je suis timide", "je suis paresseux" et de se conformer à ce que nous disons de lui. Qu'est ce que ça veut dire ? Ça veut dire que l'enfant va devenir réellement timide, menteur, tête en l'air, etc. Cette croyance risque de devenir indélébile, gravée dans le marbre avec cette réelle difficulté de s'en défaire une fois adulte. 

Qui dit étiquette, dit risque de manipulation ! En effet, ce que notre enfant entend derrière l'étiquette, c'est une injonction : "sois paresseux", "sois lent", "sois timide" car tu ne peux pas être autre chose que ce que je dis de toi". L'enfant se dit : "Si je suis timide, pas besoin d'essayer d'être autre chose", et le devient réellement. Il faut dire que "la bataille" est perdue d'avance : ici pas d'échange, pas de discussion avec notre enfant sur ce qu'il vit, mais une posture de pouvoir..

Le problème de l'étiquette, c'est la généralisation: nous avons tendance, nous adulte, de faire d'un comportement une généralité; ce faisant nous n'ouvrons aucune perspective de changement, pire nous donnons à ce comportement une teinte innée, comme s'il était "marqué dans les gènes": "Mon fils est colérique".

Dans quelle mesure recourir à la généralisation m'évite moi parent d'interroger mon enfant sur ce qu'il ressent au moment de sa colère? au moment de sa flemme d'aller faire ses devoirs ou de sortir voir ses copains? Que faisons-nous de l'instant présent?

Et la liberté dans tout ça ?

Comment moi enfant je peux trouver la liberté de me définir autrement, de me découvrir, d'évoluer, de grandir si vous mes parents, mes professeurs, les adultes qui m'entourez, vous m'enfermez dans des cases ? Je risque de grandir avec la croyance que les autres ont le pouvoir de me définir, de savoir mieux que moi qui je suis. Ainsi, je perds ma confiance en moi et j'apprends à donner sans m'en rendre compte beaucoup de pouvoir aux autres.

Moi psychologue, je ne crois pas qu'il existe des gens colériques, timides, fainéants, etc. Je suis convaincue n'avoir jamais rencontré encore dans mon cabinet un colérique, un timide, un raté. Je n'ai rencontré que des adultes qui, dans telle ou telle situation, se sont mis en colère, ont été gênés, intimidés, ont eu besoin de plus de temps que leur collègue pour boucler un travail, etc. Mais ces gens en venant me voir étaient souvent convaincus d’ÊTRE ces étiquettes.

Généraliser nous rassure souvent face à ce que nous ne comprenons pas ou à ce que nous n'acceptons pas. La généralisation est souvent mêler à de l'insatisfaction, à de l'exaspération, à de la colère ou à de la déception. À nous parents de nous interroger : à quoi cette caractéristique que j'observe chez mon enfant (flemme, timidité, colère, lenteur, etc) me renvoie-t-elle ? A quoi fait-elle écho en moi? Quelle croyance, quelle peur ? Comment était-elle accueillie, perçue dans ma famille?

Prenons garde aussi aux étiquettes "positives" que nous donnons à nos enfants : "c'est le matheux de la famille", "c'est une artiste", un vrai bout en train", etc. Même si l'étiquette est belle comme un papier cadeau, le risque d'enfermement et de manipulation reste le même !

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